Podcast n°11 – Comment méditer ? – Guillaume Rodolphe

par alexis santin

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Dans la première partie, nous avions vu les intérêts de la méditation de pleine conscience (confiance en soi, créativité, anti-stress, relaxation).
Pendant la deuxième partie de ce podcast avec Guillaume expert en méditation, nous verrons les meilleures ressources pour débuter la méditation.

Transcription de la 2ème partie :

Alexis : Donc, c’est vraiment ralentir, prendre conscience peut-être des choses qui sont plus importantes dans la vie… enfin ça va aider à prendre ce recul.

Guillaume Rodolphe : Voilà. Ce qui va aider beaucoup aussi… On est souvent dans le mode que j’appelle de « réaction ». C’est-à-dire qu’il y a quelqu’un qui va vous dire un truc, qui va te dire « moi je ne suis pas d’accord avec ce que tu as fait » et on fait monter la mayonnaise et puis après ça fait un truc affreux. Ce que développe la méditation de pleine conscience, c’est la réponse au lieu de la réaction. C’est-à-dire que c’est juste : OK, je reçois quelque chose de quelqu’un, je réponds à cette personne, mais je ne réagis pas. Je réagis, mais positivement. Et cela permet de ne pas être constamment dans la surenchère verbale, la surenchère gestuelle, etc… Voilà quelques bénéfices de ce programme.

Alexis : Et donc ce programme, tu disais qu’il dure 8 semaines. Il dure 8 semaines et basta, on est en pleine conscience ? Ou tu continues toujours ?

Guillaume Rodolphe : En effet. Le programme est structuré en 8 semaines avec un thème pour chaque semaine avec de la pratique à effectuer 6 jours sur 7. Ce programme est associé à des questions, des choses à faire, des tableaux à remplir, des petites choses à creuser. Creuser d’abord ce qu’on en attend, etc. Et on dit que la 8e semaine, c’est-à-dire la dernière semaine du programme va durer toute la vie.

Alexis : D’accord.

Guillaume Rodolphe : C’est-à-dire qu’en fait, c’est comme un permis de conduire. Exactement ça. On a des séances, on a 8 semaines de pratique et après il faut faire ses gammes, il faut pratiquer et continuer à pratiquer et après on peut bien sûr adapter sa pratique à sa situation et à ce qu’on préfère. Il y en a qui préfèrent la méditation allongée, il y en a c’est la méditation assise, certains pratiquent 40 minutes une fois par jour ; d’autres, parce que ce n’est pas toujours facile à mettre en œuvre dans sa vie, pratiquent 20 minutes deux fois par jour. Et s’il y a un jour où il n’y a pas de méditation, ce n’est pas un drame.

Alexis : D’accord.

Guillaume Rodolphe : Donc en fait après, c’est exactement comme quand on conduit : on a le permis, mais est-ce qu’on sait conduire ? Peut-être pas complètement, il va falloir aller dans le flot, le flux de circulation, aller en montagne pour faire un petit peu de montagne, aller sur l’autoroute à 130, et puis après, au bout de plusieurs années, on est d’abord un jeune conducteur, puis un conducteur chevronné. C’est exactement ça. C’est vraiment un apprentissage.

Alexis : Donc, c’est pour ça qu’on a besoin d’un coach ? Alors, à quoi va servir un coach dans ce domaine ? C’est comme un professeur d’auto-école ?

Guillaume Rodolphe : Oui, alors, le coach là-dedans, il y a deux façons de le voir. Le programme, tel qu’il a été conçu par Jon Kabat Zinn, c’est un programme, c’est un stage, avec une séance hebdomadaire qui est animée par un instructeur. Et ce groupe va durant 2h30 une fois par semaine, apprendre, pratiquer, poser des questions. L’instructeur va répondre aux questions, faire bénéficier de son expérience et en même temps c’est un partage que les gens font avec les autres et c’est très dynamisant de voir que les gens ont les mêmes difficultés. Le coach va jouer un rôle de guide, d’instructeur. Ça c’est la première façon et c’est comme ça que j’ai commencé à animer des stages. Et je me suis rendu compte que certaines personnes, au cours du stage, ne disent pas grand-chose, parce que comme dans tout stage, quand on est 10 ou 15, il y en a toujours 1 ou 2 qui ne disent pas grand-chose parce qu’il y en a qui monopolisent un peu la conversation et on ne peut pas donner la parole à tout le monde. J’ai donc mis au point un programme qui associe le programme de pleine conscience, avec des séances de coaching individuel qui se font par téléphone et qui ont lieu une fois par semaine en tête-à-tête et les gens qui le souhaitent ont une heure d’échange avec moi. Cet échange concerne le programme de méditation en lui-même (est-ce que vous avez des difficultés, est-ce que vous avez réussi à faire ça, comment ça s’est passé, comment vous l’avez ressenti, oui, non, etc…) et en même temps, puisque je suis coach professionnel également, concerne leurs objectifs personnels, professionnels. Et on voit que très souvent tout ça est lié. C’est-à-dire qu’au fur et à mesure que la personne entame le programme, des choses émergent. Ce sont souvent des choses qu’elle a du mal à faire, ou qu’elle n’a pas eu le temps de faire et donc on travaille sur la pratique, donc sur l’ « être » et sur le « faire », parce que je pense qu’on a besoin des deux.

Alexis : D’un petit peu d’action aussi, oui.

Guillaume Rodolphe : Il faut, c’est très important l’action.

Alexis : Justement, tu peux nous raconter un peu comment tu es devenu un expert dans ce domaine ? Comment tu as connu la méditation ? Depuis tout petit ou c’est un jour ?

Guillaume Rodolphe : C’est un peu… il y a longtemps… c’est en découvrant… En fait, le tout début, c’est un petit peu difficile de retrouver parce que quand on fait un parcours parfois ce n’est pas si simple. En fait, le déclencheur de tout ça, il y a bien longtemps, j’avais 20 ans, c’était un livre d’ Alexandra David-Neel qui s’appelle « Le lama aux cinq sagesses ». C’est une femme assez extraordinaire, qui est une aventurière du début du siècle qui s’est aventurée au Tibet et a rencontré à l’époque le Dalaï-Lama. Dans ce livre, il était question de bouddhisme, de méditation, et ça a suscité ma curiosité. J’ai commencé à pratiquer en regardant dans des livres, il y en avait beaucoup et il y en a encore beaucoup, et donc je suis rentré là-dedans petit à petit. Et puis, j’ai eu besoin d’approfondir, et, quand j’ai pris connaissance du programme de méditation laïque, j’ai réalisé que c’est ce qui me correspondait parce que je ne suis pas bouddhiste, je ne suis pas Tibétain, et je suis allé me former aux Etats-Unis. J’ai suivi le cursus de formation pour instructeur et suis revenu en France où je développe cette pratique avec les deux possibilités : soit de participer à un stage de groupe, soit de faire le programme chez soi, en individuel, qui comprend les supports écrits et les enregistrements audio de méditation guidée avec une aide de type coaching pour les accompagner.

Alexis : Si quelqu’un veut commencer la méditation, quelles seraient les meilleures ressources pour méditer ?

Guillaume Rodolphe : Les seules ressources qui sont importantes, le seul élément clé, c’est qu’il faut pratiquer. On peut lire, il y a un très bon bouquin, très simple je trouve, qui est de Matthieu Ricard, qui s’appelle « L’Art de la méditation » que tu connais peut-être. Matthieu Ricard, c’est l’interprète du Dalaï-Lama en France, il explique bien ce que c’est, les différents types de méditation. Ce n’est pas la méditation laïque. Et puis il y a les livres de Jon Kabat-Zinn, il y en a trois qui sont traduits en français. Le plus simple pour commencer c’est « Où tu vas-tu es », ça te donne déjà l’ambiance. Mais, une fois qu’on l’a lu, et bien on l’a lu, on est toujours dans le faire et on n’est pas dans l’être. Et donc, il faut s’y mettre, voilà. Il faut s’y mettre, il faut s’asseoir, il faut respirer et prendre contact avec sa respiration. Et de là, de juste rester comme ça, on va voir quoi ? Que l’esprit n’arrête pas de bouger. On prend conscience du fonctionnement de son esprit et qu’en fait il va falloir juste gentiment le ramener sur sa respiration. Pratiquement, je dirais que c’est presque aussi simple que ça. L’esprit s’en va, il va dans les pensées, il va dans les souvenirs, il va dans le futur, et il faut juste simplement le ramener, ramener à la respiration.

Alexis : OK. J’étais justement en train de ramener ma respiration… j’ai fait un petit peu de Yoga et de Tai-Chi, je ne sais pas si je peux appeler ça méditation où je restais justement à respirer, je faisais des exercices de respiration et c’est vrai qu’après on a ce sentiment où on relativise beaucoup, on se sent vraiment très calme premièrement et aussi très serein face à toutes les choses qui peuvent arriver. Voilà ma légère expérience de ce que j’ai pu faire.

Guillaume Rodolphe : Voilà, c’est tout à fait ça. Donc au début beaucoup de gens qui ne connaissent pas découvrent un des avantages, tu l’as dit, c’est le calme, la sérénité, et puis petit à petit, on va au fur et à mesure de la pratique agrandir ces moments. Au début, l’esprit va partir on va le ramener, l’esprit va partir on va le ramener. Et puis, petit à petit, on va juste être dans l’instant, en fait on apaise l’esprit, on le calme, et petit à petit, on a de moins en moins besoin de le ramener. C’est vraiment un entraînement comme le jogging, comme la muscu, comme… Voilà, c’est purement un entraînement et beaucoup de gens se font mal en portant des poids, là on se fait du bien et on est beaucoup plus serein après et on a une vie, je pense bien sûr, parce que le fond c’est ça, beaucoup plus heureuse.

Alexis : OK, très bien. Oui, oui, je pense que… je suis d’accord avec toi. Qu’est-ce que je voulais te dire ? Je voulais te poser une question : les gens qui seraient un petit peu sceptiques sur la méditation, sur l’intérêt de la méditation, qu’est-ce que tu aurais à leur répondre ?

Guillaume Rodolphe : Je crois qu’il y a déjà, j’en ai déjà parlé, la méditation est encore peu connu en France, alors que dans beaucoup de pays, il y a des programmes, par exemple dans les hôpitaux. Il est probable que ça va se développer de plus en plus. C’est-à-dire qu’on va faire entrer la méditation comme une pratique médicale, de type alternatif, ce n’est pas de la médecine traditionnelle avec des médicaments, et donc les gens vont petit à petit devenir familier avec ce terme qui n’est sûrement pas un très bon terme en fait. Parce qu’il fait référence comme je l’ai dit à des choses qui n’ont rien à voir.

Alexis : A des religions.

Guillaume Rodolphe : Voilà. Il y a un aspect religion, bouddhisme, ésotérisme, secte, ou je ne sais quoi. Ce n’est pas du tout ça. C’est un entraînement de l’esprit. Et cet entraînement passe, pour la méditation de pleine conscience, par le contact avec la respiration, c’est aussi simple que ça. Le petit truc, c’est que les gens doivent pratiquer en fait. Il faut juste pratiquer 5 minutes par exemple, 3 minutes même.
Alexis : On peut faire du speed méditation ? Du fast méditation ?

Guillaume Rodolphe : Non, 3 minutes de respiration c’est déjà très bien. C’est-à-dire qu’en fait on passe d’un état où on voit ce qui est, comment on se sent : est-ce que je suis stressé ? Est-ce que je vais bien ? Est-ce que je suis anxieux ? On essaie de faire le point juste avec ce qui est, quelles sont mes sensations : est-ce que j’ai mal quelque part ? Est-ce que je me sens tendu ? Est-ce que j’ai des fourmillements, des picotements ? Qu’est-ce qui se passe dans mon corps ? et ça c’est déjà une première chose. Et puis ensuite, est-ce que j’ai des sentiments ? Voilà, ce qui se passe. Et puis, ensuite, on essaie de prendre contact avec sa respiration, d’essayer de maintenir cet état, et petit à petit, si le calme vient et en général c’est le cas, on va étendre ce qu’on a réussi à faire au niveau de la respiration, et de le faire sur l’ensemble de notre corps.
Donc c’est un petit exercice que je recommande et qui est juste un tout petit contact avec la méditation.

Alexis : D’accord. Qu’on pourrait faire même tout de suite, si les auditeurs à la fin de ce podcast veulent le réaliser, ils peuvent le faire.

Guillaume Rodolphe : Tout à fait. Il y a d’ailleurs sur le site coach-meditation.com ce petit enregistrement, qui est une méditation qui dure 3 minutes, ce n’est vraiment pas beaucoup.

Alexis : Mais ça permet de commencer, de s’initier un petit peu pour les personnes qui voudraient.

Guillaume Rodolphe : Voilà. Surtout un petit peu, une sorte d’initiation et de voir juste. C’est simplement ça.

Alexis : OK. Et est-ce que tu peux nous donner plus d’information sur toi, sur ton site Internet, ou tes sites, et quels sont tes futurs projets ?

Guillaume Rodolphe : Oui, merci à toi. Je suis en train de remodeler, parce que j’avais un blog et puis un site, je suis en train de faire qu’un seul site.

Alexis : Tout en un.

Guillaume Rodolphe : Voilà. Je peux donner déjà l’adresse puisqu’il est créé et est en cours de finalisation. Il s’appelle : lapleineconscience.com, en un mot et sans tiret. Il va regrouper à la fois le blog et les éléments du site. C’est-à-dire les prestations que j’offre, de stages. Le prochain stage que j’anime à Paris commencera en septembre, le 24 septembre. Et bien sûr la prestation de coaching chez soi, le coaching individuel. Donc il y a vraiment deux approches : une approche stage où on est avec les autres et une approche à domicile notamment pour certaines personnes qui n’habitent pas Paris. Je coache en ce moment trois personnes qui habitent en Province et qui ne peuvent pas se déplacer au stage de Paris. Elles suivent le programme à distance. Et voilà.

Alexis : OK. Très bien. Merci beaucoup Guillaume d’avoir répondu à mes questions, d’avoir aidé aussi à démystifier tout ce qu’il y a autour de la méditation. Je te souhaite bonne continuation dans tes différents projets et on reste en contact de toute façon.

Guillaume Rodolphe : Merci beaucoup à toi et je te souhaite également très bonne chance pour ton blog que je trouve tout à fait intéressant et qui mérite largement la visite.

Alexis : Très bien. Merci beaucoup. Merci Guillaume. Au revoir.

Qui est Guillaume Rodolphe ?

Docteur en médecine, il est devenu coach professionnel certifié. Il enseigne la méditation, aide des personnes à atteindre leurs objectifs et à vivre en “pleine conscience”.

Retrouvez plus d’infos sur Guillaume : La pleine conscience

par alexis santin

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